Productivité, smartphone et vanité

Bon voilà, une nouvelle année, un nouveau keynote d’Apple et logiquement, un nouvel iPhone ! Le onzième du nom. Il est ou pas Pro, plus ou moins étanche, permet toute sorte de gimmick avec ses caméras, et vous demande de vous délester de plusieurs centaines d’euros. Grand prince, Apple reprend votre ancien iPhone pour éviter que vous le laissiez pourrir au fond d’un tiroir, afin de le recycler. Je me suis amusé à comparer, grâce au site d’Apple, les différences, en termes de caractéristiques, de mon bon vieil iPhone SE (qui tient dans ma poche et ne pèse que 116 grammes) avec les iPhone 11 et 11 Pro. En gros, en dehors de la taille de l’écran (le SE est tout petit… mais léger), d’un processeur plus puissant et intelligents, et de l’étanchéité (ça c’est un plus indéniable), tout le reste est de la pure vanité, totalement inutile à l’amélioration de ma vie quotidienne, réelle et digitale. Voici en substance quelques éléments de productivité avec un smartphone, qu’il soit iOS ou Android.

Réseau social, tu perds ton sang-froid !

En plagiarisant sans honte les paroles de la chanson antisocial du groupe Trust (oui, ça date), la majeure partie des réseaux sociaux n’ont pas droit de cité sur mon téléphone. Mon smartphone a deux fonctions : téléphoner (oui, on a tendance à oublier que c’est sa fonction première) et m’offrir des fonctionnalités mobiles dont j’ai besoin quand je n’ai pas mon ordinateur allumé. Ainsi, les réseaux sociaux, à l’exception de Twitter et de LinkedIn, ne sont pas présents.

Qwant et Brave

Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, même combat : enregistrer un maximum d’informations sur votre comportement pour vous envoyer de la pub ciblée. La plupart des utilisateurs semblent désormais inoculés à cette surveillance permanente, je préfère faire mes recherches avec Qwant et surfer avec Brave (qui a intercepté plus de 37 000 trackers et pubs non désirées en un mois d’utilisation, c’est dire ce que Chrome, Safari ou Edge peuvent pomper comme données), ce qui permet de me focaliser sur l’essentiel, en limitant l’influence de ces géants de la surveillance électronique (vaste sujet admirablement traité dans The Age of Surveillance Capitalism).

To-Do et Outlook

Mes tâches et mes rendez-vous partout avec moi. Ces deux outils sont le cœur de mon organisation quotidienne et ma seconde mémoire des choses que je ne dois pas oublier. J’ai parlé de To-Do dans un billet précédent, Outlook restant le pivot central de l’organisation de mon calendrier.

Connection, synchronisation et VPN

Avec un écran de cinq, six ou sept pouces, un smartphone reste un outil de petite taille sur lequel il est difficile de saisir des informations, même avec un clavier Swiftkey. Il est donc primordial que les informations qui s’y trouvent puissent être synchronisées avec un service cloud et se retrouver de façon bi-directionnelle sur mon PC (Windows ou Mac). Il est aussi essentiel que l’information puisse exister, être consultée et mise à jour sans connexion. Principalement parce que la connexion 3, 4 ou 5G n’est pas toujours disponible, qu’ensuite en roaming, les tarifs sont tellement généralement prohibitifs, qu’il vaut mieux ne pas activer l’itinérance de données. La synchronisation doit pouvoir alors se faire dès qu’un réseau wifi de préférence est disponible.

Le dernier aspect consiste à utiliser un VPN systématiquement pour ajouter une couche de chiffrage des communications et brouiller les pistes des annonceurs et de la surveillance de l’opérateur de téléphonie.

Les applis persos

Santé, finances, randos, livre audio, presse, musique, j’en ai un petit paquet qui sont utilisées quasi quotidiennement, dont certaines sont indispensable à ma productivité, comme Audible qui me permet de lire en audio deux ou trois livres par mois et ainsi d’occuper intelligemment mes temps de déplacement. J’avais aussi évoqué le fait qu’une appli qui n’avait pas une utilité au moins hebdomadaire n’avait, à priori, rien à faire sur mon téléphone. Il existe en général un service ou un site web qui fait ce dont je pourrais avoir besoin une fois de temps en temps. Inutile, de fait d’encombrer la mémoire de mon téléphone avec une appli qui n’est pas utilisée.

Et moi, et moi, et moi…

Quid de toutes les autres applications dites de productivité, comme Office par exemple ? Pas d’utilité, à priori et à postériori. J’essaye pas mal, je teste souvent, désinstalle rapidement après avoir constaté l’inutilité d’un point de vue gain de temps ou d’efficacité. Une fois de plus, un smartphone est un outil, pas une source de distraction. J’entendais récemment qu’un enfant passe en moyenne deux heures et vingt-deux minutes devant un écran par jour. Connaissant les mécanismes de l’addiction, dont sont tout à fait au courant et qu’entretiennent les géants du numérique, choisi ton camps camarade : consommateur (et souvent addict) ou producteur (et souvent actif), suiveur ou pilote ! J’ai choisi et je viens de faire le dernier des choix, interdire à mon smartphone de franchir la porte de ma chambre !

Alors, est-ce que je vais remplacer mon vieillissant iPhone SE ? Pour Android, c’est un Non sans ambiguïté, étant profondément anti-Google. Pour un nouvel iPhone ? Peut-être pour l’étanchéité (qui a littéralement sauvé la vie de voisins récemment), mais à coup sûr pas pour un 11 Pro dont le prix est prohibitif pour des fonctionnalités dont je n’ai aucun besoin (j’ai un reflex Pentax qui fera de meilleures photos que le meilleur des smartphones) et aucune vanité à montrer que j’ai les moyens de me le payer (pour ça, ma vanité va a d’autres objets plus discrets). À voir. En attendant, l’IA rentre de plus en plus dans les objets du quotidien et nos données sont pillées à tour de bras, sans que le RGPD y puisse réellement grand-chose. Deux bonnes raisons pour arrêter de payer des entreprises pour qu’elles nous volent en toute impunité nos données, notre libre arbitre et finalement notre âme.

Photo by Gilles Lambert on Unsplash

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