Le cloud : je n’utilise que ce que je paye, c’est donc moins cher !

C’est le principe de la location de voiture ou du co-voiturage, et en général de toutes les offres locatives. Le calcul est simple. Vous prenez le coût d’acquisition du matériel, son coût d’entretien et de maintenance, son amortissement sur la durée d’utilisation et le comparer sur cette même durée à la location du même matériel en fonction de vos besoins.

Pour les services que vous n’utilisez que quelques fois par mois, cela peut avoir un avantage économique certain. Par exemple, le lancement d’une série de calculs pour une étude marketing peut demander beaucoup de puissance juste pendant quelques jours. En revanche pour les services que vous pouvez utiliser à n’importe quel moment, comme la messagerie électronique ou le stockage de fichier, la comparaison du prix par boite aux lettres peut être défavorable au cloud.

Une des contraintes de l’informatique est souvent celle de l’acquisition du matériel et du logiciel pour faire tourner la solution recherchée. Il y a donc un coût fixe quel que soit le nombre d’utilisateurs. On obtient donc généralement un résultat sous forme graphique de la Figure 24, immédiatement visuellement favorable au cloud.

Figure 1 – Comparaison classique des coûts

Cependant, deux erreurs dans le raisonnement :

  1. Il n’y a pas toujours de coûts variables à une solution locale. En effet, on peut acquérir une machine et un logiciel à un prix donné, maintenance comprise, qui va suffire aux besoins de l’entreprise pendant de nombreuses années, y compris en tenant compte de l’accroissement de personnel. Le coût peut donc être considéré comme fixe quel que soit le nombre d’utilisateurs.
  2. Il peut y avoir des coûts fixes à une solution cloud. En effet, l’accroissement de la bande passante souvent nécessaire est un coût subis par l’organisation tous les mois indépendamment du nombre d’utilisateurs. De même une machine virtuelle peut former un coût fixe mensuel si c’est la solution retenue.

On peut alors avoir un schéma totalement différent.

Figure 2 – Solutions à coûts fixes

On peut aussi avoir des coûts variables dans le cloud qui augmentent beaucoup plus vite qu’anticipés en raison des options logicielles prises. Ils vont alors dépasser les coûts fixes d’une solution locale.

Figure 3 – Coûts variables explosifs

A ce même jeu des comparaisons, on compare souvent achat amortis et frais de fonctionnement. Avec le cloud, tout passe en frais de fonctionnement, pas d’amortissement, pas de trésorerie à sortir pour acheter une nouvelle solution. De plus en plus de fournisseurs de matériels proposent des offres locatives qui évitent les amortissements. Une fois de plus, si l’avantage semble de prime abord au cloud, il peut ne rien en être en fonction des relations que vous entretenez avec vos fournisseurs de matériels.

L’argument du « je n’utilise que ce que je paye, donc c’est moins cher » ne fonctionne pas à tous les coups. A vous de regarder en détail, en particulier le mode de licence des logiciels qui est souvent fort compliqué et rend la comparaison pas toujours possible !

Photo de John Cobb sur Unsplash

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